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Activités Physiques Adaptées

Entretien – Enseignants en Activités Physiques adaptées

Formation APA
dispensée par l’université et les UFR STAPS.
Diplôme Enseignant APA : licence (BAC+ 3) minimum
Possibilité de poursuivre avec un Master 2 dont l’objectif est de plus former à la recherche, à la coordination et le développement de projet avec l’APA, ainsi que l’étude de l’aspect scientifique de la maladie, plus poussé qu’en licence.

Quelle est la mission de votre service ?

Notre mission est de proposer des activités physiques adaptées aux patients de l’Institut dans un premier temps. Cette intervention non-médicamenteuse a pour objectif de montrer aux patients, qu’avec un handicap ou un problème de santé, ils peuvent quand même pratiquer une activité.
Cette pratique d’Activité Physique Adaptée (APA) a pour objectif d’améliorer leur état de santé au sens large, tout autant d’un point de vue psychologique que physique et social (approche bio-psycho-social). L’enfant est accompagné dans sa globalité, avec l’histoire de sa maladie et de son handicap, mais aussi les troubles associés, dans le but d’améliorer son état de santé par la pratique d’une activité physique. Il faut que le patient prenne confiance en lui, en ses capacités et que ses problématiques ne soient plus un frein à la pratique régulière d’activité physique.

En quoi consiste votre métier ? Comment définiriez-vous l’activité physique adaptée, et se différencie-t-elle d’autres notions proches telles que le sport, le sport adapté, et/ou le handisport ?

Notre métier nous demande de nous adapter à la population accueillie, en prenant en compte les difficultés des patients, pour ensuite adapter des activités physiques en fonction de leurs problématiques.
L’Activité Physique Adaptée (APA) correspond à une intervention professionnelle qui relève d’une formation universitaire spécifique (filières APA et Santé des UFR STAPS, niveau licence et master). L’APA se définit comme une intervention professionnelle mobilisant des connaissances scientifiques pluridisciplinaires pour analyser les ressources et les besoins spécifiques des populations et concevoir des dispositifs et des projets d’intervention qui utilisent des activités physiques adaptées à des fins d’éducation, de prévention, de promotion de la santé et d’intégration.

L’activité physique adaptée est orientée vers l’éducation sans notion de compétition. L’objectif de cette intervention est d’inscrire la personne dans une pratique physique régulière, par l’apprentissage de techniques adaptées et de connaissances théoriques (atelier, ETP…). Il s’agit d’activité physique au sens large (considéré comme : tous les mouvements produits par la contraction des muscles squelettiques) en s’appuyant sur des activités physiques et artistiques. Cela peut aussi bien être de la danse ou un sport collectif, le renforcement musculaire, aller se promener à l’extérieur, ou reprendre la marche… En résumé : ne pas rester inactif ! En activité physique adaptée, la compétition n’est pas un objectif. Elle peut venir dans un second temps dans certains cas lorsque le patient en a l’envie.
Le handisport, destiné aux handicapés moteurs, visuels et auditifs avec un objectif de compétition et de performance. Quelles que soient la nature et l’importance du handicap, la Fédération Française Handisport (FFH) propose des activités physiques et sportives accessibles, que ce soit en loisir ou en compétition.
Le sport adapté est, quant à lui, pour des personnes présentant un handicap mental ou psychique. Comme son nom l’indique, le sport et ses règles sont adaptés, parfois fortement simplifiés, pour permettre aux personnes en situation de handicap mental ou psychique de pratiquer des activités physiques en rapport avec le degré de gravité de leur handicap. Il est possible de pratiquer le sport adapté en compétition via la Fédération Française du Sport Adapté (FFSA).

Comment s’organise votre travail à l’hôpital ?

Notre intervention est réalisée sur prescription médicale et dans la majorité des services. Les séances d’activités physiques adaptées font partie intégrante de la prise en charge. Grâce à leur côté ludique, les enfants ont le sentiment d’avoir « un peu plus de liberté » en comparaison avec les prises en charge médicale et paramédicale. Pour autant, notre intervention est structurée en tenant compte des objectifs médicaux. Les programmes en APA proposés sont construits sur des fondements scientifiques et des connaissances techniques. Tout cela se fait dans le but d’avoir la pratique la plus efficiente et sécuritaire pour le patient. Ensuite, en fonction des objectifs, de l‘état de santé et de l’envie du patient, nous choisissons une activité adaptée.
Nous nous rendons également compte que nous ne sommes pas perçus de la même manière par les enfants que les autres professionnels car nous ne portons pas de blouses blanches, ce qui peut parfois être un atout lors des séances.

Qu’est-ce que l’activité physique apporte aux patients ?

L’activité physique est associée à des effets bénéfiques sur la santé. Plus particulièrement, elle agit sur les facteurs de risque de maladies et permet ainsi d’en réduire leur survenue et de ralentir le déclin fonctionnel. Elle est de plus en plus utilisée comme thérapie ou accompagnement thérapeutique dans le traitement de nombreuse maladies. Elle permet de limiter les complications associées à une immobilisation / un manque d’activité physique, de limiter les complications associées aux maladies mais également d’atténuer les effets associés aux traitements.
En fonction de sa pathologie, il peut être difficile pour l’enfant de se mettre en mouvement et de réaliser son activité physique quotidienne (60 minutes par jour). Maladies neuromusculaires, épilepsie, troubles psychologiques, obésité, ou encore diabète sont autant de pathologies qui induisent des traitements souvent lourds pour les enfants, entraînant une diminution de la qualité de vie, un isolement, une diminution de la tolérance à l’effort, du stress…
La pratique d’une Activité Physique Adaptée permet de lutter contre ces complications et d’avoir une véritable action thérapeutique (en cas de diabète par exemple : diminution de la glycémie et à long terme de l’hémoglobine glyquée…). Il faut aussi éduquer avec des connaissances sur leur maladie, leurs capacités, sur l’activité physique et l’impact positif de l’activité physique sur leur santé ! Il est important de garder en tête que, quel que soit l’état de santé, un peu d’activité physique est mieux que pas du tout !
Chaque activité, avec ses spécificités et ses enjeux, va solliciter les ressources du patient et développer ses capacités. Par exemple, on ne travaille pas les mêmes axes lors de la pratique d’une activité collective individuelle. Chaque activité a une logique interne et fait travailler des compétences particulières. Pour autant, il est possible d’utiliser une même activité à des fins différentes… Par exemple on pense souvent que l’activité sarbacane est utilisée pour travailler le souffle alors que nous pouvons l’utiliser pour travailler la posture d’un patient en fauteuil…
Notre action peut également venir en aide aux soignants. La pratique d’une activité physique du patient peut permettre de le stimuler au niveau moteur, pour développer l’autonomie et diminuer la dépendance. Cela lui permettra, par exemple, de pouvoir mettre ses chaussettes tout seul, et alléger ainsi un peu les soignants dans leurs tâches dans le service auprès de cet enfant.

Où intervenez-vous et avec quel matériel ?

Nous intervenons dans des espaces adaptés à partager en fonction de nos activités : une salle de sport (env 80 m2), une salle polyvalente (200 m2), un mini stadium. Mais nous pouvons également proposer des activités à l’extérieur quand le temps le permet (plage, voie piétonne) … et l’été : la mer !
Pour réaliser ces activités, nous avons du matériel à disposition : tapis de gym, tables de ping pong, hand, basket, matériel de renforcement musculaire, steps, sarbacane, raquettes, tambourins, vélos, mais également des paddles et le mobilier urbain !

Qu’est-ce qui vous motive ? Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Tout d’abord, nous aimons le sport ! L’envie de faire partager notre intérêt pour l’activité physique, d’aimer bouger, de le transmettre « comme on peut », (car ce n’est pas toujours facile). Ce qui nous motive, c’est de travailler avec les enfants et de participer à les faire évoluer, de voir leurs sourires : LA relation avec les patients ! De les faire sortir de leur zone de confort : partir du fait que ce n’était pas envisageable / possible au départ, voire impensable…. et après avoir commencé à pratiquer une activité physique, qu’ils se rendent compte qu’ils ont réussi, qu’ils se sentent mieux, et qu’ils repartent de l’Institut en ayant réalisé quelque chose qui leur a permis de se sentir mieux ! Permettre d’intégrer dans leur esprit UNE possibilité de faire quelque chose ! Une ouverture vers l’extérieur !

Publié le 10/12/2019